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ACTION THYSSENKRUPP : CE QUI S’EST PASSÉ EN 2025
Thyssenkrupp AG (TKA.DE) a vécu une année 2025 explosive et mouvementée. Le titre a bondi de plus de 130 % depuis janvier, dopé par les attentes autour de la scission de sa division défense TKMS, avant de reculer après l’introduction en Bourse de cette filiale purement militaire. Le 5 novembre 2025, l’action a clôturé à €9,26 (−1,57 %) sur Xetra, pour une capitalisation de €5,765 milliards et un volume de 453 248 titres. Le gain annuel est de +130,45 % depuis le début de l’année et +187,38 % sur douze mois. Les moteurs : un démarrage fulgurant de TKMS, une division acier en difficulté avec suppressions de postes et hausse des coûts énergétiques, et la mutation du groupe en holding liquide avec plus de €4,3 milliards de trésorerie nette. Voici l’analyse complète, rigoureuse et lisible, dans un ton professionnel mais accessible, façon trader averti.
L’histoire de 2025 : évolution du cours et moments clés
Le 5 novembre 2025, Thyssenkrupp (TKA.DE, Xetra) a clôturé à €9,26 (−1,57 %), pour une capitalisation de €5,765 milliards et un volume de 453 248 actions échangées. La performance : +130,45 % depuis janvier et +187,38 % sur un an.
L’événement clé a eu lieu le 20 octobre 2025 : Thyssenkrupp a séparé 49 % de sa filiale navale Thyssenkrupp Marine Systems (TKMS) et l’a introduite à la Bourse de Francfort. Les actionnaires ont reçu 1 action TKMS pour 20 actions Thyssenkrupp (date de référence : 17 octobre) ; les fractions ont été réglées en numéraire. TKMS a ouvert à €60, a dépassé €100 en séance et a terminé à €81,10. En parallèle, l’action Thyssenkrupp a chuté de 18–20 %, les capitaux se déplaçant vers le nouveau titre de défense.
Avant cette scission, TKMS bénéficiait déjà d’un carnet de commandes record pour ses sous-marins et frégates. Au 3e trimestre 2024/25, le groupe affichait des résultats solides mais soulignait encore les difficultés structurelles de sa division acier.
Évolution du cours en bref
Avant octobre : tendance haussière portée par l’enthousiasme défense et les paris sur la restructuration ; baisse des positions vendeuses.
20 octobre : introduction de TKMS ; clôture à ~€81,10 après un pic > €100 ; TKA −18–20 %.
Fin octobre : abaissement de la filiale hydrogène Nucera et changements de direction dans l’acier, accentuant la volatilité.
Début novembre : consolidation entre €9 et €10, le marché réévaluant la valeur du holding.
Calendrier des faits marquants
Janv.–mars 2025 : afflux de commandes de sous-marins, envol du titre.
T3 2024/25 : bons résultats, acier toujours sous pression.
20 octobre : IPO TKMS, performance exceptionnelle ; TKA −19–20 %.
22 octobre : baisse de recommandation de Nucera ; effet modéré.
23 octobre : cotation de TKMS aussi à Vienne ; meilleure visibilité, impact limité.
Oct.–nov. : nomination de Marie Jaroni à la tête de l’acier, suppressions d’emplois, et recentrage sur un modèle de « lean holding ».
TKMS en résumé
Nom légal : TKMS AG & Co. KGaA ; Ticker : TKMS ; Bourse : Francfort Prime Standard (20 oct. 2025).
Ratio : 1 TKMS pour 20 TKA ; fractions réglées en espèces.
Participation : 51 % détenus par TKA, 49 % distribués aux actionnaires.
Début : ouverture €60, pic > €100, clôture €81,10, valorisation > €5 Mds.
Carnet de commandes : €18,6 Mds ; premier dividende prévu en 2027 (30–50 % du bénéfice net).
Pourquoi une telle volatilité : défense en hausse, acier en berne
TKMS, la pépite du groupe. Pure valeur défense européenne, TKMS affiche un carnet de €18,6 Mds, une croissance ciblée de 10 % et un programme de dividendes à partir de 2027. Cette dynamique a attiré les capitaux, au détriment du titre TKA, malgré la détention majoritaire conservée.
Surveillance étatique. L’État allemand conserve une « action dorée » lui conférant un droit de veto stratégique. C’est un garde-fou politique, sans incidence financière directe.
La division acier souffre. Coûts énergétiques élevés, importations bon marché et faible demande : le cocktail est rude. Thyssenkrupp prévoit 11 000 suppressions de postes et une réduction de capacités. Le marché attend des signaux clairs sur des partenariats et soutiens européens.
D’un conglomérat à une holding. Le groupe se transforme : moins d’industries intégrées, plus de pilotage financier. Avec €4,3 Mds de trésorerie nette et quasi zéro dette, Thyssenkrupp devient une holding prête à manœuvrer.
Leadership et perception. Changement à la tête de l’acier, abaissement de Nucera : des secousses mineures mais visibles sur le cours.
Comment le marché valorise le « stub » du holding
Approche SOTP : valeur du TKMS (51 %) + autres divisions − charges acier = valeur nette ; l’écart constitue le discount du holding.
Flux de capitaux : rééquilibrages d’indices, arbitrages sur la décote.
Facteurs politiques : tarifs UE ou aides énergétiques peuvent réévaluer la sidérurgie.
Taux et énergie : le euro et les coûts influent sur les marges.
Commandes globales : le contrat canadien de sous-marins (≈ €30 Mds) reste un catalyseur potentiel.
Et après ? Catalyseurs et feuille de route
Résultats à venir. Le rapport annuel 2024/2025 sera publié le 9 décembre 2025 : chiffres de trésorerie, stratégie acier et nouvelles perspectives attendus.
Options stratégiques. Après l’échec du joint venture avec Křetínský, le groupe négocie avec Jindal Steel (Inde). Un accord serait un catalyseur fort.
Contexte politique. Mesures européennes contre l’acier chinois ou soutiens énergétiques pourraient réduire le discount du holding.
Perspectives TKMS
Avec un carnet de €18,6 Mds et un cycle de défense durable, TKMS vise une marge EBIT > 7 % et une politique de dividende de 30–50 % dès 2027. Le projet canadien pourrait devenir le prochain moteur.
Mode d’emploi pour investisseurs
Recalculer le NAV : valoriser les 51 % de TKMS, intégrer le risque acier, comparer à la capitalisation.
Suivre les actu : discussions Jindal, politique UE, énergie = moteurs de cours.
Calendrier : 9 décembre = rendez-vous clé pour le marché.
Suivi TKMS : marges, cash-flow, garanties – impact direct sur TKA.
Gestion du risque : la volatilité de l’acier peut masquer la force du défense – anticiper.
Conclusion (un regard neuf)
En 2025, Thyssenkrupp s’est muée d’un géant industriel en difficulté en un holding orienté valeur. La scission TKMS a révélé le potentiel caché, mais l’acier reste un poids lourd. Pour les investisseurs avertis, TKA est désormais un « stub » : un pari sur l’écart entre la pépite (TKMS) et le fardeau acier. Si la politique ou les alliances réduisent la pression, la décote se referme vite ; sinon, la participation TKMS sert de coussin. En langage trader : la défense est le carburant fusée, l’acier la turbulence – tout est question de pilotage précis.
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