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ACTIONS DE TOTALENERGIES SE EN 2025 : PERSPECTIVES ET POINTS DE VIGILANCE

TotalEnergies (FP) : moteurs boursiers, risques et stratégie pour 2026

Résumé de la performance 2025

En 2025, TotalEnergies SE (code mnémonique : FP sur Euronext Paris) a connu une performance boursière globalement solide. L’action a notablement progressé dans un contexte énergétique volatile, soutenue par des prix persistants de l’énergie relativement élevés, la réaffirmation de sa stratégie multi-énergies et une discipline capitalistique rigoureuse. En fin d’année, l'action a affiché une hausse modérée, entre 8 % et 12 %, renforçant son rôle de valeur défensive dans les portefeuilles axés dividendes.

Le bénéfice net ajusté de TotalEnergies a atteint un niveau robuste, frôlant les 22 milliards d’euros, contre environ 20,5 milliards en 2024. Le groupe a su maintenir sa rentabilité dans un environnement marqué par une modération progressive des prix du pétrole et du gaz. Son ROACE (Return On Average Capital Employed) est resté au-dessus de 20 %, un niveau élevé comparé à ses concurrents européens.

Côté dividendes, TotalEnergies a poursuivi sa politique généreuse de retour aux actionnaires. Pour l’année 2025, le dividende a été porté à 3,10 € par action (+5 % par rapport à 2024), en plus d’un programme de rachat d’actions de 7 milliards d’euros. Cette distribution massive a consolidé sa position auprès des investisseurs conservateurs.

Par secteur d’activité, l’upstream (exploration-production) a bénéficié de prix solides du gaz naturel liquéfié (GNL), notamment grâce à la demande persistante en Asie et en Europe. La branche integrated LNG (liquéfaction et trading) a bien performé, compensant partiellement la pression sur les marges des carburants raffinés. L’électricité et les renouvelables, bien qu’encore minoritaires dans les résultats consolidés, ont affiché une croissance vigoureuse, avec une capacité installée dépassant les 26 GW.

Sur le plan ESG (environnement, social et gouvernance), TotalEnergies a poursuivi la réduction de son intensité carbone – objectif de -40 % d’ici à 2030 par rapport à 2015. Les efforts dans l’éolien offshore, le solaire photovoltaïque et l’hydrogène ont été salués, bien que les ONG environnementales restent sceptiques sur l’alignement global de la stratégie avec l’accord de Paris.

En résumé, TotalEnergies a connu une année 2025 stable, solide et conforme à ses objectifs opérationnels. Son positionnement multi-énergies assorti de rendements élevés soutient son attrait à moyen terme malgré un environnement géopolitique et réglementaire complexe.

Moteurs de l'action TotalEnergies

Plusieurs catalyseurs ont influencé la trajectoire de l’action TotalEnergies en 2025 et continueront d’en façonner les performances en 2026. Comprendre ces moteurs fondamentaux permet d’anticiper l’évolution possible du titre dans un contexte de transition énergétique graduelle :

1. Niveau des prix de l’énergie

Les prix du pétrole (Brent) ont évolué dans une fourchette de 75 à 85 $/baril en 2025. TotalEnergies, avec un seuil de rentabilité proche de 25 $/baril, a continué de dégager d’importants flux de trésorerie. Une exposition continue au GNL, dont les prix sont restés fermes autour de 12 $/MMBtu en Europe, a grandement contribué à la solidité financière du groupe. En 2026, l’évolution des prix de l’énergie, notamment dans un contexte de croissance chinoise ralentie, sera à surveiller.

2. Politique de capital retourné

TotalEnergies a, pour la cinquième année consécutive, augmenté ses retours aux actionnaires, notamment via un dividende progressif et un programme de rachat d’actions conséquent. Cette discipline capitalistique a renforcé la confiance du marché, tout en consolidant le profil « dividende aristocrate » de l’entreprise. En 2026, la capacité de renouveler ces programmes dépendra fortement de la stabilité des cash-flows.

3. Stratégie bas-carbone et diversification

TotalEnergies continue de se transformer en « major multi-énergies ». En 2025, l'entreprise a investi plus de 5 milliards d’euros dans les énergies renouvelables et la mobilité électrique. Sa présence marquée dans l’offshore éolien (projets au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Corée du Sud), combinée à une croissance des stations de recharge, positionne l'entreprise comme un acteur crédible dans l'après-pétrole. Ce repositionnement est crucial pour attirer les investisseurs longs termes sensibles à l’ESG.

4. Performances commerciales et efficacité opérationnelle

Malgré une pression réglementaire croissante sur les majors pétrolières européennes, TotalEnergies a continué d’afficher un coût de production parmi les plus bas du secteur, autour de 5,5 $/boe. Cette discipline se traduit par une marge d’EBITDA stable au-dessus de 40 %, et un gearing (endettement net/capitaux propres) contenu sous les 20 %. L’intégration verticale (amont-à-aval) et la robustesse du négoce d’énergie continuent d’apporter une résilience aux résultats.

5. Position géopolitique et exploration

Les découvertes en Namibie (Benguela et Venus) ont renforcé le portefeuille d’actifs futurs. Le développement du projet Mozambique LNG reste une priorité stratégique, bien que retardée. Les risques politiques associés aux zones sensibles comme l’Afrique subsaharienne ou le Moyen-Orient doivent toutefois être surveillés, surtout en 2026, à l’approche d’élections stratégiques dans plusieurs pays d’opération.

"Le principal avantage des actions est de participer au succès de grandes entreprises, mais l'investisseur doit être prêt à accepter le risque de marché : plus le potentiel de gain est élevé, plus la possibilité de faire face à des périodes de pertes temporaires ou permanentes est grande."

"Le principal avantage des actions est de participer au succès de grandes entreprises, mais l'investisseur doit être prêt à accepter le risque de marché : plus le potentiel de gain est élevé, plus la possibilité de faire face à des périodes de pertes temporaires ou permanentes est grande."

Risques et vigilance pour 2026

Alors qu’elle aborde 2026, TotalEnergies fait face à plusieurs facteurs de risque susceptibles d’altérer la dynamique positive de son action. Ces risques sont d’autant plus significatifs que le marché intègre déjà une grande partie des bonnes nouvelles dans la valorisation du titre (PER attendu autour de 8, ratio EV/EBITDA inférieur à 4).

1. Pressions réglementaires et politiques

Le débat sur les superprofits continue d’agiter la scène politique européenne. En France, l’éventualité d’une taxe temporaire supplémentaire sur les bénéfices pétroliers n’est pas exclue en 2026. De plus, les exigences ESG plus strictes imposées par Bruxelles (SFDR, CSRD) pourraient alourdir les obligations de publication et affecter la répartition du capital. Des restrictions sur certaines activités fossiles font également partie d’un arsenal politique plus interventionniste à venir.

2. Volatilité des prix de l’énergie

Une baisse des prix du pétrole sous les 70 dollars ou un effondrement des prix du gaz naturel — en cas d’hiver doux en Europe ou de ralentissement asiatique inattendu — pourrait peser sur la génération de cash-flow libre. Le GNL, bien que porteur, reste exposé à la cyclicité du commerce mondial et à la concurrence accrue des producteurs américains et qatariens.

3. Transition énergétique accélérée

Un durcissement plus rapide que prévu des législations climatiques en Europe en 2026, combiné à une intensification des critiques sociétales ou des décisions juridiques (par exemple, actions en justice émanant d’ONG), pourrait forcer TotalEnergies à accélérer des cessions d’actifs ou revoir son plan d’investissements. Cela soulèverait des doutes sur sa trajectoire de croissance.

4. Risques géopolitiques

Les tensions persistantes en Ukraine, les incertitudes autour des élections américaines de novembre 2026, ou encore l’avenir du Niger ou de la Russie dans les opérations gas & oil représentent des facteurs exogènes majeurs. Toute escalade régionale pourrait avoir un effet sur la logistique, les flux commerciaux ou les coûts opérationnels du groupe.

5. Risque de change et inflation structurelle

Future politique monétaire plus agressive de la BCE ou dépréciation de l’euro face au dollar (monnaie de référence pour le pétrole) peuvent impacter les résultats consolidés. Par ailleurs, une hausse structurelle de l’inflation pourrait renchérir les coûts de maintenance, d’acquisition ou d’exploitation dans les années à venir.

En synthèse, si les perspectives restent constructives, TotalEnergies devra faire preuve d’une forte agilité stratégique en 2026 pour contenir les risques, maintenir des marges robustes, réussir sa transition énergétique et préserver sa promesse actionnariale attractive.

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