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ACTIONS DE KERING (KER) : PRÉVISIONS 2025, MOTEURS ET RISQUES

Panorama 2025 du géant du luxe Kering : quelles dynamiques clés et défis stratégiques orienteront la performance de l'entreprise ? Découvrez les éléments à suivre jusqu'en 2026.

Quelles sont les perspectives financières de Kering en 2025 ?

Kering (EPA: KER), conglomérat de luxe français derrière des marques emblématiques telles que Gucci, Yves Saint Laurent, Balenciaga et Bottega Veneta, traverse une phase cruciale de transition stratégique. Après des années de croissance soutenue, l'exercice 2023-2024 a été marqué par une décélération, en particulier au niveau de Gucci — la locomotive historique du groupe. La question clé pour les investisseurs en 2025 : dans quelle mesure cette réorientation stratégique portera ses fruits à court et moyen terme ?

Du point de vue boursier, Kering a connu une volatilité notable entre 2022 et 2024, avec une capitalisation boursière en repli d’environ 25 % sur 12 mois glissants à fin 2023. Le titre a atteint ses plus bas niveaux depuis 2020, creusant l’écart avec ses rivaux LVMH et Hermès. Toutefois, certains analystes y voient un point d’entrée intéressant du fait d’une valorisation redevenue raisonnable par rapport aux fondamentaux.

Voici les principaux indicateurs à suivre en 2025 :

  • Chiffre d’affaires et marge opérationnelle : L’évolution de la profitabilité dépendra largement de la relance de Gucci et de la capacité du groupe à faire progresser les autres marques.
  • Résultats de la restructuration de Gucci : Sous la direction artistique de Sabato De Sarno depuis 2023, Gucci tente de renouer avec une esthétique plus classique. 2025 marquera la première année pleine d’exploitation de ces choix créatifs — un test critique pour la maison.
  • Maintien de la croissance organique : Les marques secondaires comme Balenciaga et Bottega Veneta doivent gagner en parts de marché pour diversifier les sources de revenu.
  • Flux de trésorerie opérationnels : Une attention particulière sera portée aux capacités du groupe à générer du free cash-flow pour soutenir ses investissements et éventuelles acquisitions futures.

L’environnement économique global influencera également la performance de Kering en 2025. Le ralentissement économique en Chine — un marché clé du luxe — reste un risque, tout comme le contexte géopolitique instable (guerre en Ukraine, tensions sino-américaines).

À horizon 2025, le consensus des analystes table sur une légère reprise du chiffre d’affaires dans une fourchette de progression annuelle de 3 % à 5 %, avec une amélioration graduelle de la marge opérationnelle vers les 27 % à 28 % contre 25,5 % attendu fin 2024.

D’un point de vue stratégique, les investisseurs surveilleront également la capacité de Kering à poursuivre sa diversification dans la beauté (via Kering Beauté) et son positionnement croissant sur l'ultra-luxe, notamment après les investissements dans les marques Creed (parfumerie) et Qeelin (joaillerie).

En résumé, Kering entre en 2025 dans une phase de reconstruction stratégique, avec une valorisation attrayante, mais des incertitudes persistantes liées à l’efficacité de ses repositionnements créatifs et à la dépendance persistante à Gucci.

Quels sont les leviers de relance pour Kering à moyen terme ?

Alors que Kering navigue dans une phase de transition, plusieurs moteurs de croissance potentiels devraient repositionner le groupe avec plus de résilience et de diversité d’ici 2026. À cet égard, la stratégie du groupe repose sur la revitalisation des marques clés, l'expansion sur de nouveaux segments, et des investissements ciblés dans l’innovation et le digital.

Voici les axes de développement prioritaires à surveiller :

  • Repositionnement créatif de Gucci : Gucci reste le cœur du portefeuille de Kering avec plus de 50 % des revenus. La nouvelle direction créative mise davantage sur la sophistication que sur la flamboyance. Si la clientèle chinoise et américaine réagit favorablement, cela pourrait relancer les ventes dès la fin 2025.
  • Expansion de Kering Beauté : Avec le lancement de sa division Beauté, renforcée par l’acquisition de Creed en 2023, Kering peut espérer capter une part du marché cosmétique haut de gamme jusqu’ici dominé par L’Oréal ou Estée Lauder.
  • Montée en puissance des marques secondaires : Yves Saint Laurent, Bottega Veneta et Balenciaga pourraient devenir les nouveaux piliers de croissance. YSL, notamment, a affiché une croissance plus robuste que Gucci en 2023 — une tendance à surveiller.
  • Capacités digitales et retail : L’investissement dans le e-commerce et le retail expérientiel est stratégique. Une montée en puissance des canaux digitaux pourrait améliorer les marges tout en fidélisant les jeunes consommateurs ultra-connectés.
  • Joaillerie et ultra-luxe : Avec Qeelin et la relance prévue de Pomellato, Kering s’installe sur le segment très rentable du bijou de luxe, soutenu par une clientèle asiatique friande de biens portables à forte valeur patrimoniale.

Le groupe travaille également à une meilleure exploitation de ses synergies opérationnelles, en rationalisant les coûts logistiques et en mutualisant certaines fonctions transversales (achats, compliance, ESG). La clé pour 2026 sera de prouver que ces gains peuvent compenser les coûts élevés des repositionnements créatifs.

Kering pourrait également effectuer des acquisitions complémentaires. Certaines rumeurs récurrentes évoquent un intérêt pour des actifs dans le domaine de la mode masculine ou encore pour renforcer son portefeuille beauté. Toutefois, François-Henri Pinault a indiqué au marché qu’il privilégie actuellement la consolidation plutôt qu’une expansion effrénée.

On observe aussi un intérêt accru du groupe pour la clientèle milléniale et Gen Z, avec une communication plus inclusive et durable. Si cette cible répond présente, cela pourrait booster l'engagement de marque et stabiliser la croissance au-delà de 2026.

En définitive, la diversification sectorielle et la montée en puissance des marques secondaires seront les leviers susceptibles d’offrir une trajectoire de croissance plus équilibrée face à la dépendance historique à Gucci. Kering a les moyens de réussir cette mutation, à condition de gérer habilement les arbitrages budgétaires et les attentes du marché.

"Le principal avantage des actions est de participer au succès de grandes entreprises, mais l'investisseur doit être prêt à accepter le risque de marché : plus le potentiel de gain est élevé, plus la possibilité de faire face à des périodes de pertes temporaires ou permanentes est grande."

"Le principal avantage des actions est de participer au succès de grandes entreprises, mais l'investisseur doit être prêt à accepter le risque de marché : plus le potentiel de gain est élevé, plus la possibilité de faire face à des périodes de pertes temporaires ou permanentes est grande."

Quels sont les risques majeurs pour Kering en 2026 ?

Malgré le potentiel de redressement, Kering fait face à plusieurs risques d'exécution et de marché. En 2026, les investisseurs devront observer attentivement plusieurs signaux critiques pouvant impacter la performance du groupe, ainsi que sa valorisation en bourse.

Parmi les principaux risques :

  • Dépendance persistante à Gucci : Malgré les efforts de diversification, Gucci représente toujours plus de la moitié des revenus du groupe. Tout ralentissement inattendu des ventes chez ce pilier pèserait fortement sur les résultats consolidés.
  • Réticence du marché face au nouveau style : Le repositionnement artistique de Gucci vers une ligne plus "sobre" pourrait ne pas séduire toute la clientèle, surtout dans l’environnement ultra-compétitif du luxe contemporain.
  • Concurrence accrue : Kering est confronté à des rivaux ultra-performants comme LVMH, Hermès ou Richemont, qui disposent de marques matures et très profitables. La lutte pour les parts de marché s’intensifie sur tous les segments.
  • Ralentissement économique global : Une baisse de la consommation des produits de luxe en Chine, aux États-Unis ou en Europe pourrait affecter la dynamique commerciale, notamment si la confiance des consommateurs reste frileuse en 2025-2026.
  • Risques liés à la réputation : Balenciaga a été au cœur d’une controverse en 2022, affectant la perception publique. Les marques de Kering doivent naviguer avec prudence dans un contexte où l’image et l’éthique pèsent lourd dans les décisions d’achat.

En parallèle, certains indicateurs à surveiller en 2026 pour détecter les signaux d’alerte ou de redressement :

  • Évolution des ventes comparables (like-for-like) : Surtout chez Gucci et Bottega Veneta.
  • Part de marché digitale : Un indicateur de la compétitivité numérique de Kering.
  • Performance en Asie-Pacifique : Toute variation brutale indiquerait une fragilité commerciale ou géopolitique.
  • Capacité à intégrer et faire croître Kering Beauté : Le succès ou l’échec de cette diversification influencera la perception du marché sur la stratégie à long terme.
  • Taux de rotation du top management : Des départs fréquents sont souvent perçus négativement par les investisseurs.

Par ailleurs, en matière de durabilité et ESG, certains actionnaires institutionnels appliquent de plus en plus des filtres stricts. La gestion des politiques RSE, la traçabilité des matières premières et les conditions de travail dans les ateliers influencent désormais les décisions d’investissement long terme.

Face à ce contexte, 2026 pourrait constituer un point de bascule important pour Kering : soit une consolidation des premiers résultats positifs liés à sa restructuration, soit une remise en question plus profonde des choix actuels. Dans tous les cas, une vigilance accrue sur les jalons trimestriels est recommandée pour les investisseurs disposant de positions longues sur le titre.

En conclusion, Kering offre un profil de redressement attrayant, mais semé de défis structurels. La trajectoire 2025-2026 exigera une exécution irréprochable tant sur les plans créatifs, opérationnels que financiers pour espérer combler l'écart avec les leaders du secteur du luxe.

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