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ACTIONS D’ CARREFOUR (CA) : PERFORMANCE 2025, MOTEURS, JALONS ET RISQUES — QUE SURVEILLER EN 2026 ?

Que faut-il attendre de l’action Carrefour en 2026 ? Voici les jalons atteints, les moteurs de croissance et les risques à surveiller pour les investisseurs.

Comment Carrefour a-t-elle performé en 2025 ?

En 2025, l’action Carrefour (FR0000120172 – CA) a connu une performance contrastée dans un contexte de consommation attentiste et d’environnement macroéconomique fluctuant. Le groupe de grande distribution, présent dans plus de 30 pays, a vu sa capitalisation boursière évoluer sous l’effet de plusieurs facteurs clés : stratégies de transformation digitale, rationalisation des coûts et accélération sur les formats de proximité.

Sur l’ensemble de l’exercice 2025, le titre a connu une variation allant de -8 % à +12 % selon les périodes. Le résultat net annuel a progressé de 3,4 %, principalement grâce à l’amélioration des marges en Amérique latine et à la bonne tenue des ventes dans les formats discount. La croissance organique est restée stable autour de +4 %, dans la lignée de 2024. Le dividende distribué a été maintenu à 0,56 € par action, soulignant la volonté de stabilité envers les actionnaires.

L’exercice a également été marqué par une série d’initiatives de restructuration des hypermarchés en France. Carrefour a accéléré les franchisations (notamment sous enseigne Carrefour Market) tout en misant davantage sur les drives et le e-commerce alimentaire. Cette stratégie a permis de gagner des parts de marché sur certains segments clés, mais également soulevé des interrogations sur la durabilité du modèle à long terme.

En Bourse, la valorisation de Carrefour en 2025 a été influencée par les signaux émis sur les perspectives 2026. Le marché a salué les efforts de digitalisation, notamment via la plateforme Bringo et la montée en puissance des services de livraison rapide. Toutefois, les investisseurs ont sanctionné le ralentissement en Europe du Sud et les dépréciations ponctuelles sur certains actifs immobiliers.

Enfin, sur le plan ESG, Carrefour a consolidé ses efforts environnementaux en réduisant ses émissions de CO2 de 12 % sur l’année, notamment via sa chaîne logistique. Cette performance valorise l’engagement durable de l’enseigne et son attrait croissant pour les fonds orientés SRI.

Quelles dynamiques devraient porter Carrefour en 2026 ?

À l’approche de 2026, plusieurs leviers stratégiques laissent penser que Carrefour pourrait continuer sur une trajectoire de croissance mesurée, avec des opportunités intéressantes pour les investisseurs moyens à long terme. Trois moteurs principaux pourraient façonner la performance de l’action Carrefour cette année-là :

1. Le développement du commerce digital

Carrefour poursuit ses investissements dans l’omnicanalité, avec plus de 1,5 milliard d’euros mobilisés entre 2023 et 2025. L’acquisition de start-ups technologiques spécialisées dans l’IA et la livraison urbaine a renforcé ses capacités digitales. En 2026, l’objectif est d’atteindre 25 % de part du e-commerce alimentaire sur l’ensemble des ventes à l’échelle européenne, contre 19 % en 2025.

La collaboration avec Google Cloud sur l’analyse prédictive de la demande et l’optimisation des stocks devrait permettre d’améliorer la rentabilité du canal en ligne. Par ailleurs, les services Carrefour+ et la plateforme d’abonnement fidélisent une clientèle urbaine stratégique pour l’enseigne.

2. L’expansion internationale ciblée

Carrefour mise sur des marchés en croissance, notamment au Brésil, en Roumanie et en Argentine. Dans ces pays, les formats de proximité enregistrent une croissance en recettes de +6 % à +10 %. En 2026, plusieurs ouvertures de magasins franchisés sont prévues dans ces zones. Le groupe capitalise notamment sur l’inflation locale pour valoriser son positionnement prix.

La joint-venture Carrefour-Cencosud, lancée en Amérique latine en 2025, pourrait également devenir un relais de croissance sensible. Si les conditions macroéconomiques restent favorables, elle pourrait peser jusqu’à 8 % du chiffre d’affaires groupe d’ici fin 2026.

3. L’optimisation de la logistique

Le plan Logistique 4.0 vise à automatiser davantage les entrepôts et fluidifier la chaîne d’approvisionnement dans les zones métropolitaines. Le recours aux véhicules électriques pour les livraisons de dernier kilomètre est également monté en puissance. Cette optimisation pourrait permettre une réduction des coûts opérationnels de près de 5 % en 2026 selon les prévisions internes.

Enfin, Carrefour espère améliorer ses marges en capitalisant sur la donnée client et sur une meilleure anticipation des comportements d’achat grâce à l’IA et au machine learning.

"Le principal avantage des actions est de participer au succès de grandes entreprises, mais l'investisseur doit être prêt à accepter le risque de marché : plus le potentiel de gain est élevé, plus la possibilité de faire face à des périodes de pertes temporaires ou permanentes est grande."

"Le principal avantage des actions est de participer au succès de grandes entreprises, mais l'investisseur doit être prêt à accepter le risque de marché : plus le potentiel de gain est élevé, plus la possibilité de faire face à des périodes de pertes temporaires ou permanentes est grande."

Quels risques guetter en 2026 sur l’action Carrefour ?

Si des moteurs de croissance sont bien identifiés, plusieurs risques peuvent altérer la performance de l’action Carrefour (CA) en 2026. Ils concernent à la fois des facteurs exogènes liés à l’environnement macroéconomique, et endogènes, inhérents au fonctionnement stratégique du groupe.

1. Un contexte économique incertain

La consommation des ménages reste sous pression en Europe occidentale. En cas de poursuite de l’inflation alimentaire ou de hausse des taux d’intérêt, la demande pourrait s’éroder, impactant négativement les marges. L’exposition du groupe à des économies émergentes volatiles peut également représenter un facteur de risque, notamment en Amérique latine où les devises sont sensibles.

2. Contraintes réglementaires et politiques

Carrefour pourrait être affectée par des régulations plus strictes sur l’étiquetage nutritionnel ou sur les pratiques commerciales. En France, des discussions sur la loi Descrozaille ou sur la taxation des formats de grande surface pourraient affecter la rentabilité. À l’international, des tensions géopolitiques pourraient retarder ou suspendre certains projets d’expansion.

3. Risques opérationnels et cyber

Le virage numérique, bien qu’ambitieux, augmente l’exposition aux pannes informatiques et aux cyberattaques. En décembre 2025, une brève interruption du système de gestion des stocks a entraîné des perturbations logistiques dans plusieurs zones périurbaines. La sécurisation des données clients et la continuité des services deviennent un enjeu majeur à surveiller.

De plus, le recours à des sous-traitants technologiques peut comporter des risques de dépendance externe. Carrefour devra maintenir un contrôle strict de sa chaîne technologique pour éviter des effets domino en cas de défaillance de partenaires.

Enfin, la transformation du modèle économique (franchisation, automatisation) comporte un risque social non négligeable, avec de possibles mouvements sociaux et tensions internes qui pourraient nuire à l’image ou à l’activité du groupe.

En somme, les investisseurs devront suivre attentivement les publications trimestrielles, les signaux macroéconomiques, ainsi que les orientations stratégiques prises à horizon 2026.

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