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ACTIONS D’AIRBUS GROUP : PERSPECTIVES ET RISQUES 2025-2026

Quels moteurs pour la croissance d’Airbus en 2025, et quels risques guetter en 2026 ? Analyse complète du titre AIR

Analyse de la performance d’Airbus Group en 2025

Le groupe Airbus (symbole boursier : AIR) demeure une figure incontournable du secteur aéronautique mondial. En 2025, l’entreprise franco-allemande est engagée dans une trajectoire stratégique mêlant relance industrielle, innovation technologique, soutiens institutionnels et résilience financière. L'action AIR, cotée sur Euronext Paris, a vu sa valorisation fluctuer au gré des perturbations géopolitiques, des tensions dans la chaîne d'approvisionnement et d'une solide reprise post-Covid du trafic aérien.

Au cours de l’année 2025, plusieurs moteurs de performance se sont distingués :

  • Montée en cadence de la production de l’A320neo : les livraisons de cette famille de monocouloirs atteignent des niveaux records, avec une demande portée par les compagnies low-cost et les renouvellements de flotte.
  • Activité défense et espace : bien que traditionnellement plus stable que l’aviation commerciale, cette division a bénéficié d’une hausse des commandes liées aux tensions géopolitiques et aux ambitions souveraines des États européens.
  • Stratégie environnementale renforcée : Airbus poursuit ses investissements dans l’aérien durable, en particulier la motorisation zéro émission et les projets d’avions à hydrogène (ZeroE), séduisant des investisseurs sensibles aux critères ESG.

Les résultats financiers au 1er semestre 2025 reflètent cette dynamique. Le chiffre d'affaires a progressé de 10,4 % par rapport à la même période en 2024, atteignant près de 34 milliards d'euros. Le bénéfice net a, lui, crû de 15 %, porté par une amélioration de la marge opérationnelle et un management rigoureux des coûts.

Cependant, la valorisation du titre AIR reste étroitement indexée aux prévisions macroéconomiques mondiales, en particulier aux taux d'intérêt en zone euro et à l’évolution du dollar, devise de référence pour les ventes d'avions. En outre, si les besoins en renouvellement de flotte sont massifs, ils sont aussi cycliques et sensibles aux fluctuations du prix du pétrole, aux mouvements sociaux dans l’aviation commerciale et à l’environnement géopolitique mondial.

Enfin, les analystes surveillent de près le retour des capacités productives à la normale chez les fournisseurs d’Airbus, notamment Spirit AeroSystems, Safran ou encore Rolls-Royce pour la motorisation. La fiabilité de ces acteurs est déterminante pour éviter des retards dans les livraisons et préserver la satisfaction client.

Quels leviers Airbus activera-t-il en 2026 ?

Alors que l'année 2026 se profile, Airbus Group dispose d’un éventail significatif de leviers pour soutenir sa croissance et améliorer sa rentabilité. Ceux-ci s’inscrivent autant dans une logique industrielle que stratégique et s’orientent autour des piliers suivants :

1. Poursuite de l’augmentation de cadence

Airbus prévoit, selon les estimations internes communiquées fin 2025, de produire 75 avions A320neo par mois d’ici fin 2026, contre environ 65 en 2025. Cette montée en puissance permettra de répondre à un carnet de commandes avoisinant les 8 500 unités, équivalant à près de 10 années de production. Le retour à une supply chain fluide reste cependant une condition indispensable à la réussite de cet objectif.

2. Innovations dans la propulsion

La recherche sur la motorisation hydrogène du programme ZeroE, lancée en 2020, entre dans une phase décisive. Airbus prévoit les premiers tests en vol fin 2026 avec un démonstrateur dédié. Ce jalon technique contribuera à renforcer sa position de leader dans l'aviation décarbonée, secteur en forte attente au regard des pressions réglementaires européennes.

3. Diversification portefeuille produits et services

En parallèle à l’aviation civile, Airbus intensifie sa stratégie de diversification :

  • Drones militaires et aviation pilotée à distance en collaboration avec Dassault et MBDA
  • Services connectés (Airbus Skywise et maintenance prédictive)
  • Développement du satellite OneSat pour les télécoms et l’observation terrestre

4. Partenariats stratégiques internationaux

Airbus a multiplié les coopérations avec des acteurs asiatiques et du Moyen-Orient comme Indigo Partners, Turkish Airlines et Air India. Ces alliances visent autant des livraisons accrues que des implantations industrielles partagées, avec un axe fort sur l’Inde dans le cadre de la politique "Make in India".

5. Digitalisation et IA

L’intégration de l’intelligence artificielle dans les processus de maintenance, d’approvisionnement et de simulation fait partie des axes prioritaires du plan Horizon 2030. Airbus entend réduire jusqu’à 20 % ses coûts de maintenance d'ici 2027 grâce à ces outils prédictifs et leur efficacité démontrée en simulation.

Ces moteurs de croissance, tout en prometteurs, ne masquent pas les nombreux défis à venir. Pour Airbus, la conquête de 2026 nécessitera la parfaite maîtrise du calendrier industriel, le renforcement de sa résilience financière et la capacité à négocier un virage audacieux vers le durable.

"Le principal avantage des actions est de participer au succès de grandes entreprises, mais l'investisseur doit être prêt à accepter le risque de marché : plus le potentiel de gain est élevé, plus la possibilité de faire face à des périodes de pertes temporaires ou permanentes est grande."

"Le principal avantage des actions est de participer au succès de grandes entreprises, mais l'investisseur doit être prêt à accepter le risque de marché : plus le potentiel de gain est élevé, plus la possibilité de faire face à des périodes de pertes temporaires ou permanentes est grande."

Quels risques peuvent freiner Airbus en 2026 ?

Comme tout acteur industriel de premier plan, Airbus Group est exposé à un panel de risques susceptibles d’affecter ses résultats, son image, voire sa valorisation boursière. En 2026, plusieurs de ces facteurs doivent faire l’objet d’une surveillance étroite par les investisseurs et analystes :

1. Risques industriels et supply chain

Malgré l'amélioration progressive observée depuis 2023, la chaîne d'approvisionnement reste fragile. Une rupture de cadence due à des pénuries de moteurs (notamment chez Pratt & Whitney ou GE) ou d'équipements électroniques pourrait affecter fortement les livraisons planifiées. De plus, les difficultés rencontrées par certains fournisseurs critiques, comme Spirit AeroSystems, exposent Airbus à des retards non maîtrisés.

2. Risques sociaux et réglementaires

L’augmentation des cadences appelle à un recours accru à la main-d'œuvre qualifiée. Or, les tensions sur l’emploi industriel en Europe et les mouvements sociaux (grèves, revendications salariales, chômage technique) peuvent retarder ou renchérir la production. Par ailleurs, les nouvelles normes environnementales européennes (Taxonomie verte, Fit for 55) vont imposer des adaptations techniques et stratégiques coûteuses qui pèsent sur les marges.

3. Risque géopolitique

L’exposition d’Airbus à l’international accroît sa vulnérabilité aux conflits ou sanctions. Des incertitudes géopolitiques persistantes, notamment en Asie-Pacifique (Taïwan, mer de Chine) ou au Moyen-Orient, pourraient perturber les chaînes logistiques, bloquer certains marchés ou freiner les livraisons.

4. Volatilité des devises et des matières premières

Le business model d’Airbus s'appuie largement sur le dollar américain, devise principale des contrats d’aviation. Toute appréciation de l'euro face au dollar peut mécaniquement affecter la rentabilité. Par ailleurs, la hausse persistante des prix des matériaux (aluminium, titane, composants électroniques) risque d’éroder les marges malgré les dispositifs de couverture adoptés.

5. Risques concurrentiels

Face à un Boeing affaibli mais en redressement, Airbus ne peut écarter la menace de nouveaux entrants, notamment en Chine (COMAC C919) ou en Russie. Ces compétiteurs étatiques bénéficient de soutiens politiques et financiers et pourraient conquérir des parts de marché sur les segments moyen-courrier, aujourd’hui dominés par Airbus.

Enfin, les tensions transatlantiques sur les subventions aéronautiques, sujet anciennement litigieux entre Airbus et Boeing, pourraient ressurgir et engendrer de nouvelles barrières douanières dommageables pour les deux groupes.

Pour les investisseurs, ces risques appellent une gestion active des positions sur le titre AIR et une attention particulière aux signaux de gestion de crise communiqués par la direction générale.

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