ACTIONS D’ RENAULT (RNO): PERFORMANCE 2025, MOTEURS, JALONS ET RISQUES — QUE SURVEILLER EN 2026 ?
Renault RNO : focus 2025-2026 sur les jalons clés, performances attendues, risques et moteurs structurels du titre.
Quels sont les moteurs de croissance attendus pour Renault en 2025 ?
Renault, cotée sous le code RNO sur Euronext Paris, se trouve à un carrefour stratégique en 2025. Après plusieurs années de transformation organisationnelle et de repositionnement de marque, le groupe entre dans une phase cruciale de sa feuille de route "Renaulution". Cette stratégie vise à restaurer la compétitivité de Renault, améliorer sa marge opérationnelle, et accroître sa valorisation à moyen long terme.
Plusieurs éléments soutiennent les perspectives de croissance de Renault pour l’année 2025 :
1. Transformation électrique accélérée
Le cœur de la stratégie 2025 repose sur l’électrification. Renault prévoit que 80 % de ses ventes en Europe seront électrifiées d’ici 2030, et les initiatives débutées dès 2022 portent déjà leurs fruits. La gamme Megane E-Tech, la future R5 électrique ainsi que le développement d'Ampere (l’entité dédiée aux véhicules électriques) sont des piliers structurels.
Ampere devrait être introduite en Bourse, probablement fin 2024 ou courant 2025, ce qui pourrait offrir une forte visibilité à cette division et catalyser l’intérêt des investisseurs tournés vers la mobilité durable.
2. Alliance avec Nissan et Mitsubishi restructurée
La réorganisation de l’Alliance avec Nissan et Mitsubishi place Renault dans une meilleure position de négociation. Moins dépendant des partenaires historiques, Renault jouit désormais d’accords plus équilibrés, rendant les synergies plus efficientes. Cela permet notamment un meilleur partage des plateformes technologiques et une rationalisation des coûts R&D.
3. Amélioration de la marge opérationnelle
Renault a annoncé en 2024 une marge opérationnelle de 7,9 %, en amélioration constante par rapport aux années précédentes. Le groupe ambitionne de maintenir cette performance, voire de dépasser les 8 % en 2025. Cela repose notamment sur :
- La simplification du catalogue de véhicules
- La montée en gamme de ses modèles
- Des économies sur les plateformes de production
4. Perspectives géographiques
En dehors de l’Europe, Renault bénéficie de marchés dynamiques comme le Brésil, la Turquie ou le Maroc, où les ventes sont solides. La stratégie est de consolider ces marchés tout en limitant l’exposition aux zones géopolitiquement instables.
Enfin, le retour de Renault en Chine via des partenariats ciblés et des accords techniques avec Geely pourrait offrir des relais de croissance à plus moyen terme, sans exposition capitalistique excessive.
En résumé, les moteurs de croissance de Renault en 2025 s’articulent autour de l’innovation technologique, de l’électrification accélérée, d’une meilleure gouvernance des partenariats, et d’une rigueur financière accrue. Ces éléments pourraient favoriser une revalorisation significative de l’action RNO à horizon 12-24 mois.
Quels résultats et jalons suivre pour Renault en 2026 ?
L’année 2026 constituera une étape décisive pour évaluer l’efficacité de la stratégie Renaulution. Les investisseurs devront suivre avec attention plusieurs indicateurs clés pour anticiper le comportement de l’action Renault (RNO) sur les marchés :
1. Introduction en Bourse d’Ampere
Initialement prévue pour fin 2024, l’IPO de la filiale Ampere pourrait glisser vers 2025 voire début 2026, en fonction des conditions de marché. Ce jalon est structurant car il permettra de mieux valoriser l'activité véhicules électriques de Renault séparément, potentiellement avec une décote réduite par rapport au groupe consolidé.
La valorisation obtenue lors de l’IPO, combinée au maintien d’une participation majoritaire de Renault, influencera directement la capitalisation boursière totale du groupe.
2. Résultats financiers 2025
Les résultats annuels publiés début 2026 donneront une mesure concrète de la rentabilité et de l’exécution stratégique à court terme. Les analystes porteront une attention particulière à :
- La marge opérationnelle consolidée
- Le free cash flow généré
- La rentabilité de l’unité Ampere
- Les performances de la division thermique, dont la coentreprise Horse
Des résultats au-dessus du consensus pourraient déclencher une revalorisation du titre, surtout auprès des fonds ESG qui privilégient les entreprises en transition verte.
3. Lancement commercial de modèles stratégiques
Le lancement de la Renault 5 électrique et de la nouvelle ligne Alpine seront surveillés de près. Ces modèles symbolisent à la fois l’héritage de marque et le virage vers les nouvelles mobilités. Leur accueil commercial influencera les perspectives à moyen terme.
4. Stratégie capitalistique et dividendes
Renault a rétabli son dividende en 2024 après plusieurs années de suspension. En 2026, la progression durable du dividende ou des rachats d’actions pourraient renforcer l’attractivité du titre pour les investisseurs institutionnels à la recherche de rendement.
Il faut aussi surveiller les choix de Renault vis-à-vis de sa participation dans Nissan (réduction ou conservation) et de sa politique d’endettement.
5. Objectifs ESG et transition environnementale
Le suivi de la trajectoire CO₂ du groupe, la décarbonation de ses usines, et les avancées sur les matériaux recyclés entreront dans les critères d’évaluation long-terme par les gérants ISR. En 2026, Renault devra faire la preuve que sa croissance est aussi durable qu’efficace.
En définitive, les jalons 2026 intégreront à la fois des données financières précises et des indicateurs stratégiques qualitatifs qui permettront de réévaluer le potentiel de l’action RNO.
Quels sont les risques à surveiller pour Renault à horizon 2026 ?
Malgré des perspectives encourageantes, le parcours de Renault jusqu’en 2026 comporte plusieurs incertitudes macroéconomiques, sectorielles et internes, que les investisseurs doivent intégrer dans leur analyse de risque :
1. Dépendance au marché européen
Renault reste significativement exposé aux fluctuations du marché automobile européen. Un ralentissement économique prolongé (hausse des taux, pouvoir d’achat contraint) pourrait impacter les ventes, notamment dans le secteur B2C. Les aides publiques à l’achat de véhicules électriques, instables selon les gouvernements, constituent un facteur de volatilité supplémentaire.
2. Concurrence chinoise sur l’électrique
Les constructeurs chinois (BYD, NIO, MG) montent en puissance en Europe avec des prix très agressifs. Renault devra affiner son positionnement-prix et innover davantage pour contenir cette pression concurrentielle, surtout sur ses gammes compactes.
Par ailleurs, une guerre commerciale sino-européenne sur les droits de douane pourrait affecter les chaînes d’approvisionnement ou les retours stratégiques en Chine.
3. Exécution opérationnelle chez Ampere
Le succès de la future division EV Ampere repose sur sa capacité à atteindre rapidement un point mort et à générer du cash. Des retards industriels, ou une montée en cadence plus coûteuse que prévue, pourraient freiner la valorisation de cette entité. L’absence d’un partenariat stratégique structurel (ex. un géant de la tech ou un fonds souverain) à l’introduction en Bourse serait perçue comme un signal d’alerte.
4. Tensions géopolitiques et matières premières
Les tensions autour de l’Ukraine, du Maghreb ou encore les incertitudes moyen-orientales influencent directement les approvisionnements en matières premières (lithium, nickel, cuivre). Une envolée durable des prix de ces intrants affecterait les marges dans l’électrique.
5. Risque d’image et réputation
Renault a récemment fait face à des rappels de véhicules, ce qui impacte parfois la perception client. En période de relance d’image (surtout via la marque Alpine), un scandale qualité ou un raté commercial pourrait contrecarrer les efforts de transformation de marque.
Conclusion sur les risques
L’action RNO est sensible à un faisceau de facteurs externes et internes. Si les fondamentaux sont plus solides qu’en début de décennie, le chemin vers une croissance pérenne exige rigueur d’exécution et gestion active des risques. Tout recul sur ces axes pourrait mettre sous pression le cours de l’action.
Dans ce contexte, les investisseurs devraient surveiller non seulement les résultats de Renault mais aussi les signaux faibles comme les décalages de projet ou les changements de guidance qui pourraient modifier la dynamique du titre.